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Idée Le prix Nobel

le Sam 03 Nov 2012, 16:45
Le prix Nobel de médecine 2012 pour John Gurdon et Shinya Yamanaka








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Le prix
Nobel de physiologie et de médecine 2012 a été attribué, lundi 8 octobre,
au Britannique Sir John B. Gurdon, 79 ans, et au Japonais Shinya Yamanaka, 50
ans. Les deux généticiens ont découvert que les cellules spécialisées d'un
organisme adulte pouvaient être reprogrammées pour pouvoir recréer tous les types
cellulaires de l'organisme, à l'instar des cellules souches de l'embryon. Ces
travaux, qui constituent une spectaculaire avancée scientifique, ont aussi
alimenté de vifs débats de bioéthique.



L'auteur du concept, Sir John B. Gurdon, travaille au Gurdon Institute, à l'université de Cambridge.
Inventeur d'une méthode de reprogrammation des cellules, Shinya Yamanaka effectue ses recherches à
l'université de Kyoto, ainsi qu'à l'Institut Gladstone, en Californie. Les deux
chercheurs iront recevoir leur prix le 10
décembre à Stockholm et se partageront 930 000 euros.

DE GRANDS ESPOIRS

Travaillant sur des amphibiens, Sir John B. Gurdon a fait voler en éclats un dogme de la
biologie en 1962, l'année de la naissance de
son colauréat, en montrant que la spécialisation et la différentiation des
cellules était réversible. Ces travaux ont ouvert la voie au clonage animal par
transfert nucléaire, comme cela a été réalisé pour la
première fois en 1996 pour la brebis Dolly.

En 2006, Shinya Yamanaka démontrait qu'il était possible de manipuler des cellules
différenciées, en l'occurrence des cellules de peau de souris, pour leur faire retrouver les mêmes
potentialités que des cellules souches. En leur transférant quatre gènes, M.
Yamanaka avait reprogrammé ces cellules, baptisées "cellules souches
pluripotentes induites" ("IPS" dans la terminologie anglo-saxonne).

Les travaux entrepris par la suite ont montré que cette reprogrammation était
possible avec des cellules humaines. Le recours à des cellules souches
pluripotentes a fait naître de grands espoirs. Celui de mieux comprendre les mécanismes des
maladies et les moyens de les contrecarrer, d'abord. Celui de
pouvoir développer des
thérapies cellulaires dans des maladies génétiques ou dégénératives, ensuite. Le
champ d'application des cellules IPS pourrait théoriquement s'étendre à toutes
les maladies où une population cellulaire est défaillante -
Parkinson, Alzheimer, diabète.

Les adversaires de l'utilisation par la recherche médicale de cellules
souches provenant d'embryons humains se sont très vite saisis des travaux
publiés en 2006 par Shinya Yamanaka pour appuyer leurs demandes de faire interdire les travaux sur
les cellules souches embryonnaires, au motif que les cellules IPS pouvaient
désormais les remplacer. Le Vatican et des dirigeants conservateurs comme
le président américain George Bush avaient ainsi salué la découverte
du Japonais.

PROLIFÉRER DES CELLULES REPROGRAMMÉES

Se passer de l'embryon humain ?
Impossible, selon les chercheurs travaillant sur les cellules IPS. Pour eux, il
reste indispensable de comparer les résultats obtenus
par reprogrammation à ce qui se produit dans des cellules naturellement
pluripotentes. Des questions scientifiques sur la sécurité d'emploi des cellules IPS restent en effet
encore non résolues.

Directeur de l'institut des cellules souches I-Stem au Génopole d'Evry, Marc Peschanski se déclare "très
enthousiaste"
à l'égard des cellules IPS. Mais, pour lui, les cellules
souches embryonnaires demeurent le standard de référence.

"Les cellules IPS sont des organismes génétiquement modifiés, il est donc
crucial de contrôler si l'on réplique bien ce qui se passe dans les cellules
souches embryonnaires et que l'on n'a pas introduit quelque chose
d'anormal."
Plusieurs publications scientifiques ont fait état d'un nombre
plus important d'anomalies chromosomiques dans le génome des cellules IPS.

Au-delà des débats éthiques et sous réserve de leur sécurité d'utilisation,
les cellules IPS présentent plusieurs avantages. En particulier, celui de pouvoir choisir le génome que l'on veut
étudier en prélevant de simples cellules de peau d'un individu affecté ou non
d'une pathologie donnée. En quelques semaines ou quelques mois, il est possible
de faire proliférer des cellules
reprogrammées jusqu'à en disposer de plusieurs
milliards.

Il serait ainsi possible de constituer des banques de
cellules IPS. Avec la possibilité de remplacer des cellules, des
tissus ou des organes endommagés en contournant les obstacles immunologiques à
la réussite des greffes.
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